Suicide en prison, une peine de mort sans mise à mort ?
Il est commun d’entendre que la qualité d’un démocrate exigerait qu’il s’oppose toujours à la peine de mort. Mais à cela s’oppose le nombre de plus en plus élevé de suicides en prison. Quelques voix s’élèvent comme celles de l’Observatoire International des Prisons pour dénoncer le manque de considérations des pouvoirs publics pour le traitement des détenus. Robert Badinter, qui travailla à la fin de la guillotine, n’a toujours pas fini son combat. Le sera t il un jour ? Il était certainement plus facile de modifier l’apparence de la sanction que le système qui sanctionne…
Si les prisons sont faites pour punir et préparer une nouvelle insertion dans la société de ceux qui auraient enfreint la loi, il n’est pas normal qu’aussi peu de héros se pressent pour défendre la cause de la réinsertion. Il semble que lutter pour un principe, celui du refus de la peine de mort, suffise à clore le débat.
Pourtant, est-il normal que l’on meurt de plus en plus dans les prisons françaises ? Leur nombre a plus que doublé en l’espace de 20 ans. Il y a plus de 100 suicides “réussis” par an dans les prisons françaises (plus de 600 tentatives recensées). Imaginez si les drogues légales que sont les psychotropes et autres anti-dépresseurs n’étaient plus disponibles… Cette situation ne semble pas émouvoir plus que cela nos politiques. Nul programme électoral ne semble suffisamment vendeur si il met en avant la réhabilitation des prisonniers. Il vaut mieux discourir sur la dangereuse jeunesse.
Mais je voudrais faire un petit rappel historique car les prisons n’ont pas toujours existé. L’enfermement a été pratiqué dans tous les régimes mais la prison règlementée par un Etat est une invention relativement récente (environ 4 siècles). S’il n’en faut qu’un, l’ouvrage de Michel Foucault Surveiller et punir est à lire. Il permet une bonne introduction à la problématique carcérale.
Aujourd’hui, c’est l’indifférence qui prévaut à tous les étages. Rythmé par les programmes télévisuels dégradants et promouvant systématiquement la compétition, quelle place peut-il encore y avoir pour ceux qui ont été sanctionnés et marqués du sceau de l’enfermement. L’énoncé des principes républicains ne suffit pas pour qu’ils soient, il faut les défendre et les affirmer.

avril 19th, 2010 at 13:38
Tu devrais aller voir ce site<br />
http://www.bancpublic.be/index.htm
mai 16th, 2010 at 22:42
A quand un nouvel article?
PS : je ne suis pas sûre que les chiens récoltent plus d’argent!