Home de Yann Artus Bertrand, un doc lénifiant ?
Une œuvre lénifiante ? Une caricature de documentaire ? Je crois qu’il fut difficile pour moi de dire ce qui caractérisa le mieux ma réaction la vue de Home de Yann Arthus Bertrand.
Quand j’étais enfant, ce nom était synonyme de grande valeur sur mes pin’s… Et oui, certains ne doivent pas avoir oublié ce formidable objet publicitaire aujourd’hui désuet. Pourtant il s’agit bien du même homme qui paraît-il à force de faire des tours en hélicoptère s’est aperçu que l’écologie était l’avenir du genre humain.
Le problème de son « film » repose sur la formidable entreprise de décervelage collectif auquel celui-ci s’adonne. Cela commence par un remerciement du groupe Pinault Printemps la Redoute qui est un modèle d’entreprise dite « Corporate[1] » avec ses milliers de bons « collaborateurs ». Le tout encadré par les bons soins de Luc Besson et de sa société Europa Corp, digne d’un bon blockbuster[2] américains. Tout avait été fait pour toucher le maximum de citoyens.
Mais pour faire quoi au fait ? Une prise de conscience collective ? C’est un petit peu ce que je me suis demandé au visionnage de cet objet improbable. Car tout est fait pour vous embrouiller dans ce grand documentaire film sur l’homme et ses méfaits. Il s’agit de « l’homme » au sens où les pétroliers seraient apparus dans le monde entier et que toutes les civilisations auraient découvertes le moteur à explosion en même temps… Cet homme générique ressemble hélas au vue des images du cinéaste amateur plus souvent à un Africain ou a un chauffeur de camion… Je sais que c’est un peu réducteur mais quelles images autres que les jolies photos d’album restent dans votre esprit après ce visionnage ?
Pour ma part, connaissant un peu l’histoire de l’idée écologiste j’ai été étonné de ne pas entendre une date, une chronologie ? Comme si tout çà était un peu arrivé « comme çà » pas par hasard mais plutôt sans crier gare… Mais n’importe quel professeur du second degré connait l’histoire de la conquête des territoires dans la compétition coloniale ? La frénétique destruction des écosystèmes locaux pour la production de cultures d’exportations aux bénéfices de sympathiques développeurs de croissance. Certains appellent çà des investisseurs, d’autres des actionnaires mais moi je préfère les vampires.
Et ce qui m’étonne c’est que l’on préfère questionner « l’homme » sans réponses bien sur plutôt que les « vampires »… Pourtant quand un bateau s’échoue, il y a bien un armateur ? Quand une mine s’écroule, il y a bien un exploitant ? (mort fort bien choisi soit dit en passant !). Quand un gouvernement choisi de laisser des investisseurs s’occuper d’un territoire jusqu’alors préservé, il y a bien un gouvernement que je sache ? Et bien non, là mis à part l’homme… rien.
Donc vous comprendrez que je vous conseil de voir ce docu film spot de pub pour l’homme ? Ne serait ce que pour vous faire votre propre idée en gardant à l’idée ce que je viens de vous écrire. Pourquoi généraliser quand il faudrait au contraire caractériser ? N’est ce pas pour éviter de questionner. Le problème c’est que quand on comprend d’où çà vient on pourrait avoir envie de s’en occuper. Mais après Home, vous ne risquez pas de faire grand-chose contre ou avec qui que ce soit. Allez un petit don pour sa fondation ?
Pour aller plus loin, l’émission de Daniel Mermet sur les « éco tartuffes » ici. Et l’intervention issu du Pacte contre Nicolas Hulot ici.
LR
![]()
[1] Qui renvoi à l’idée d’une entreprise à vocation internationale.
[2] Film qui génère un grand nombre d’entrée par le biais d’un matraquage intense…