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Nouvelles de Fukushima, la tragédie en marche…

Lundi, octobre 17th, 2011

Article tiré du site AgoraVox et écrit par Olivier Cabanel.

Fukushima, un silence inquiétant… 

Plus de 7 mois se sont écoulés depuis la catastrophe, et les médias semblent croire à une normalisation de la situation.

Les apparences sont trompeuses.

Pour que la situation se normalise, il faudrait au moins que la température à l’intérieur des réacteurs descende sous la barre des 100° C, or il apparait que cette température est toujours élevée, au point que personne n’est en mesure de s’en approcher.

Dans un article paru le 14 octobre dans le journal « Politis  », on apprend en effet que, malgré la poursuite des injections d’eau, la température varie entre 300° et 500°C, expliquant qu’en dehors de l’arrosage, les ingénieurs ne savent plus quoi faire. lien

Le 9 octobre, une délégation de l’AIEA s’était rendue sur le site dévasté, et nous proposent un diaporama en 10 photos « à l’intérieur du cauchemar  ». lien

Il y a un mois, un travailleur anonyme du site nucléaire se faisant appeler Mr T.S., afin de ne pas perdre son emploi, a « mangé le morceau ».

Il s’est donné une mission, avec son compteur personnel Geiger (qui ne le quitte pas), il mesure, partout ou il passe, les taux de radioactivité, et lorsqu’ils sont importants, il prévient les habitants du secteur.

Il raconte sa situation lorsqu’il travaille dans la centrale : il a un système d’alarme personnel qui sonne si la radioactivité dépasse un certain niveau, mais il n’a pas la mesure exacte de ce qu’il a absorbé. lien

Il convient de rappeler que pour les travailleurs du nucléaire japonais, avant l’accident, la limite était d’un millisievert par an, elle est aujourd’hui 80 fois supérieure, mais ailleurs, comme en France par exemple, cette norme est toujours d’1 milli sievert par an. lien

Et puis, ce serait oublier que la norme n’empêche pas le danger.

Ce travailleur anonyme explique qu’aujourd’hui, dans la centrale où il continue de travailler, la radioactivité est de 10 000 fois plus élevée qu’avant l’accident. lien

Le 6 octobre dernier un travailleur employé à la centrale nucléaire est mort subitement, mais les autorités affirment que les radiations ne seraient pas en cause.

Il a pourtant reçu, selon Tepco, une dose de 2,02 millisieverts, soit plus du double de la limite fixée avant l’accident.

Ce sera donc le 3ème mort officiel parmi les travailleurs de la centrale, en écartant les 2 morts du jour du tsunami. lien

On sait en tout cas, depuis le mois de mai, que 4956 travailleurs de Fukushima ont présenté des taux de d’irradiation interne élevés, ainsi que l’a admis Terasaka Nobuaki, patron de NISA (Nuclear and Industrial Safety Agency). lien

A la date du 18 avril, on dénombrait 21 travailleurs ayant reçu des doses supérieure à 100 millisieverts, bien qu’en réalité, la dosimétrie individuelle de chaque travailleur ne soit pas connue avec précision, vu que les ouvriers s’échangeaient leurs dosimètres, lesquels étant à ce moment en nombre insuffisant. lien

Le 27 septembre, d’après l’IRSN le césium 134 et 137 de la région de Fukushima ont des taux comparables à ceux de la région de Tchernobyl, soit  15 millions de Bq/m2, et au delà de la zone d’exclusion des 20 km, on a mesuré des taux dépassant les 3 millions de Bq/m2. lien

Pas étonnant des lors que les japonais refusent de retourner dans les zones contaminées, notamment à Hirono, ce que leur adjoignait les autorités. lien

Comme l’explique Dominique Leglu, ce n’est que 7 mois après que les thyroïdes de 360 000 enfants vont être examinées, et on s’attend à des nouvelles pas très bonnes, vu que les autorités ont attendus 5 longs jours avant de distribuer les pilules d’iodes, décision trop tardive et donc inutile, puisque la radioactivité avait eu largement le temps de se fixer sur les thyroïdes des japonais, et particulièrement sur celles de leurs enfants. lien

Les premiers résultats viennent de tomber : 10 des 130 enfants évacués de Fukushima présenteraient des troubles thyroïdiens. lien

Il y a 40 ans, la première manifestation antinucléaire contre la centrale nucléaire de Bugey avait défrayé la chronique, (vidéo) et j’ai eu l’honneur d’y participer, tout comme à celle qui s’est tenue le samedi 15 octobre 2011 avec  3000 autres manifestants, (lien) et à cette occasion Yuko Nishiyama a envoyé un message aux amis français.

Extraits : « on a perdu notre région, on ne sait même pas quand l’accident se terminera (…) l’état japonais, le préfet de Fukushima, et le maire de Fukushima ne nous ont pas informés de ce qui se passait réellement, ils ne nous ont pas du tout protégés. Donc nous avons été obligés de nous sauver par nous-mêmes, avec notre propre jugement de la situation (…) les enfants ne peuvent pas partir de Fukushima et ils portent un masque quand ils sortent dehors. Il leur est interdit de faire du sport, ils vivent avec beaucoup de limitations (…) notre pays a reçu 770 000 000 000 000 000 Bq de radioactivité mais le gouvernement fait vivre toute la population comme avant (…) et puis face à cette infâme destinée pour les enfants de Fukushima, face à ce spécialiste qui nous explique que jusqu’à 100 mSv an c’est sans danger pour notre santé, et aussi face à ce préfet qui l’a invité…secourez-nous ! S’il vous plait…ONEGAI-SHIMASU ». lien

Un autre citoyen japonais, Simon, a habité 10 ans à Fukushima City, à 60 km de la centrale et à 47ans, il a tourné la page, laissant derrière lui son appartement, son travail, ses amis et il restera en France les 3 mois que lui permet son visa touriste, puis il hésite entre l’Angleterre ou l’île d’Okinawa, le plus loin possible de Fukushima.

Il évoque le « Whole Body Counter » une machine qui détecte les radionucléides contenus dans l’organisme, mais qui est inaccessible financièrement (1000 €) et affirme que seulement 5 personnes ont pu l’utiliser à ce jour : ils tournaient une émission télé, et c’est la chaine de TV qui a payé.

Alors il s’est acheté sur le Net un compteur Geiger, fait ses mesures lui-même, le prête, et a détecté souvent une radiation supérieure à 20 mSv. lien

« Asahi Shimbun », un quotidien japonais, à révélé des niveaux élevés de radioactivité jusqu’à 250 km de la centrale, du coté de Siba et Salaima, mesures prises entre le 8 et 12 septembre dernier : entre 30 000 et 60 000 becquerels par m2.

Les habitants de cette région reçoivent plus de 4 mSv/an, soit 4 fois plus que la norme pratiquée ailleurs.

A Tokyo même, des niveaux incompatibles avec la santé ont été relevés, et nombreux sont ceux qui pensent qu’il faudrait évacuer la ville.

Le gouvernement à une tache difficile : selon le ministère de l’environnement japonais, il faut enlever et éliminer (mais comment ?) 29 millions de m3 de terre contaminée dans une zone de 2400 km2, et tout cela aura un prix élevé : aux 2,2 milliards d’euros, il faudra ajouter plus de 4 milliards d’euros, et cela ne sera pas suffisant.

D’après le « Mainichi Japan » du 12 octobre 2011, un niveau de radioactivité anormalement élevé a été relevé le long d’une rue de Setagaya, un arrondissement de Tokyo, qui serait du aux pluies radioactives.

Près de certaines écoles de ce quartier, un taux de 2,7 mSv/heure a été détecté, et nettoyer à grande eau n’a pas permis d’abaisser cette radioactivité.

A Funabashi, près de l’aéroport international de Narita, un niveau de 5,8 mSv/h a été relevé dans un parc, et à Yokohama, du Strontium 90 a été décelé dans le sol.

Cet isotope radioactif est susceptible de provoquer des cancers de l’os et des leucémies. lien

Au moment ou nombreux sont ceux qui imaginent que tout est réglé à Fukushima, on s’aperçoit qu’ils sont très éloignés de la réalité, et que malheureusement, le pire est sûrement devant nous.

Au mois de mai, la décontamination partielle des 110 000 tonnes d’eau radioactive que voulait entreprendre Tepco était estimée à 650 millions de dollars, (lien) et le 22 juin, l’opération lancée avec promesse qu’en 150 jours tout serait réglé, allait connaitre de nombreux déboires, (lien) prenant beaucoup de retard, et son efficacité n’est que d’environ 55%. lien

Le 22 novembre, date à laquelle tout devait être tout devait être terminé, rien n’aura été résolu, et l’opacité de Tepco ne permet pas de savoir comment ils comptent résoudre le problème.

Le 22 septembre, il restait encore 102 000 tonnes d’eau à traiter.

De plus, une bonne partie de l’eau radioactive a fui vers l’océan, ou les nappes phréatiques. lien

Eva Joly qui se rend au Japon dès le 18 octobre prochain essayera de nous donner de nouvelles informations. lien

Car comme dit mon vieil ami africain : « la plupart des gens préfèrent vivre avec des vieux problèmes qu’avec des nouvelles solutions  ».

Le Lupin : trésor agroalimentaire occulte

Lundi, septembre 26th, 2011

Reproduction d’un article issu du site Intelligence Verte qui met en lumière le poids de la géopolitique dans les choix de notre agriculture, très instructif.

Alors que nous vivons une douloureuse remise en question d’une part au niveau de l’élevage des animaux de rendement en raison de la suppression des farines animales , sources de dangereuses contaminations, et d’autre part, au niveau des cultures aux engrais chimiques en raison du niveau critique de pollution actuellement atteint, le monde agricole est en quête urgente de solutions de remplacement. Il en existe une qui vient à point, elle est biologique, naturelle, aussi vieille que le monde : c’est le lupin, véritable trésor de protéines.

Le lupin, une vieille connaissance :


Le lupin est une légumineuse aux multiples espèces (plus de 450) dont certaines sont plus riches en protéines que le soja (50% contre 30%). De plus cette plante régénère les sols pauvres par sa faculté de synthétiser l’azote de l’air. Le lupinus est cité dans des textes romains remontant à trois siècles avant Jésus-Christ en tant qu’aliment pour la consommation humaine.

Par ailleurs, les Egyptiens et les Incas, depuis longtemps, ont eu coutume de tremper dans les rivières leurs sacs de graines de lupin bouillies avant de les consommer ou les donner aux animaux.

Dans l’Europe du Moyen-Age, les lupins blancs, jaunes et pileux étaient toujours cultivés pour l’alimentation et comme engrais vert. Cette tradition survit encore en Italie et en Afrique du Nord où les graines de lupin blanc sont consommées en apéritif. Les graines de lupins sauvages contenant 1 à 2% d’alcaloïdes amers, les anciens les cuisaient dans l’eau et les rinçaient à l’eau tiède afin d’éliminer l’amertume : l’eau de rinçage servait ensuite comme insecticide naturel.

Au début du 19ème siècle, les éleveurs de moutons allemands commencèrent à l’utiliser sur les terres sableuses de la baltique. Mais vers 1870, cette culture fut stoppée en raison des alcaloïdes amers qui provoquèrent des accidents parmi les animaux.

Les tribulations de l’affaire lupin :


Le lupin tomba dans l’oubli en Europe jusqu’à la crise de 1929. Pour s’affranchir de leur dépendance vis à vis des tourteaux importés (déjà à l’époque !), les allemands firent des recherches sur des plantes riches en protéines. Le soja et la luzerne ne donnaient pas de résultats suffisamment performants, et le lupin fut sélectionné pour son meilleur rendement, à condition toutefois d’obtenir des variétés pauvres en alcaloïdes. Ainsi le professeur Sengbush de l’institut Kaiser Wilhem de Muncheberg réussit à obtenir 7 lupins peu amers, dont la culture se développa rapidement. Sept ans plus tard, en 1938, 78 000 ha furent ensemencés.

Puis vint la guerre et le lupin, comme les autres légumineuses, déclina en Europe occidentale, mais pas en Europe de l’Est, qui poursuivit cette culture en Hongrie, en Pologne et en URSS.

Après 1945, les Etats-Unis jouant de leur force économique et militaire en Europe, imposèrent à notre agriculture un modèle d’alimentation animale basée sur des cultures de climat chaud dont ils avaient le monopole commercial et qui ne sont pratiquement pas exploités en Europe. Aussi, les Etats-Unis laissèrent-ils l’Europe se couvrir de maïs, mais interdirent les protéagineux pouvant concurrencer le soja. Toute volonté de sortir de cette dépendance a fait depuis, aussitôt l’objet d’un rappel à l’ordre musclé.

Relance du lupin il y a 20 ans :

Jeune agriculteur possédant une ferme expérimentale, Philippe Desbrosses était, à l’époque, l’un des leaders du CINAB (Comité Interprofessionnel de l’Agriculture Biologique). Un jour, en feuilletant un vieux numéro de la revue Rustica, il découvrit « la plante d’or des sables » ainsi nommé le lupin. Séduit par les qualités énergétiques de la plante, il se mit à la recherche de graines ; Mais l’importation du lupin était interdite en France. La quête dura de longs mois, et finit par aboutir grâce à un industriel qui ramena illégalement des graines de RFA en France.

Sur la terre de Sologne, traditionnellement pauvre et acide, Philippe Desbrosses choisit la parcelle la plus désolée de ses 53 ha et sema ses graines.Quelques mois plus tard la parcelle était couverte de magnifiques pousses de 1,20m et la récolte s’effectua dans l’euphorie. Le seul problème, c’était que le lupin semé avait été du lupin jaune amer qui contient de la lupuline, alcaloïde plus ou moins toxique pour les consommateurs, qu’ils soient bipèdes ou quadrupèdes.

Mais qu’importe, les tonnes de matière verte constituèrent un engrais exceptionnel, et plus tard Philippe Desbrosses finit par trouver des graines de lupin jaune doux exempt d’alcaloïdes.

Avec le lupin jaune doux, on peut obtenir 22 quintaux à l’hectare de rendement, ce qui a fait rigoler les céréaliers de la Beauce avec leur 80 ou 100 quintaux à l’hectare.

Ceci ne découragea pas Philippe Desbrosses puisqu’il fit du lupin son sujet de thèse de doctorat es sciences en 1987 à l’Université de Paris VII, et que depuis 1975, il ne cesse de cultiver cette plante.

Un procédé de désamérisation du lupin :


Le dilemme qui s’est posé a été quel lupin exploiter : des lupins doux non toxiques mais d’un rendement modeste et peu résistant aux parasites, ou des lupins amers d’un bon rendement, résistant aux parasites mais toxiques à la longue, et d’un goût rebutant. Une équipe italo-suisse-allemande a résolu le problème en mettant au point un procédé d’extraction à froid des substances amères qui s’avère très efficace et peu coûteux, nommé « procédé Mittex ». De plus les substances amères recueillies s’avèrent posséder de très bonnes propriétés fertilisantes et phytosanitaires permettant de promettre des augmentations de 20 à 30% sur diverses cultures telles les tomates, pommes de terre ou autres.

Cette découverte technique laissait entrevoir de multiples avantages à la culture du lupin :

·         Mise en valeur des sols acides

·         Coût de revient peu élevé de la culture (peu d’engrais, résistance aux parasites)

·         Gros enrichissement du sol en azote.

·         Production de protéines en proportion égale et supérieure au soja.

·         Productions d’une huile d’excellente qualité

·         Obtention d’un fertilisant protecteur naturel et économique : le lupinex

Il est à noter qu’un brevet permettant de neutraliser les alcaloïdes du lupin amer et le rendant ainsi comestible aux animaux, avait déjà été déposé en 1930 par des Japonais. Racheté immédiatement par les Américains, il avait ensuite mystérieusement disparu … écartant ainsi le lupin du marché concurrentiel du soja.

Voyage d‘étude en Hongrie :


Suite à la hausse des prix du soja imposée par les Américains en 1983, un vent de panique s’installa chez les éleveurs français littéralement tenus en otage pour l’alimentation de leur bétail. Aussi Philippe Desbrosses organisa, avec une quarantaine de producteurs et la présence de FR3 un voyage en Hongrie, parcourant plus de 1 500 kms dans ce pays, royaume du lupin. Munie d’un siècle d’expériences sur les sols sableux acides et peu fertiles, la Hongrie était passée maître en la matière pour la culture du lupin. Néanmoins, le décollage rapide dans l’élevage du porc et de la volaille avait contraint le pays à importer du soja, son lupin de suffisant plus. C’est ainsi que ce pays cinq fois plus petit que la France, grâce à de nouvelles variétés et une volonté politique, mit en place un plan d’expansion du lupin sur 300 000 ha. Des modules d’exploitation par rotation de complémentarité lupin-pomme de terre-céréales, etc… a montré, à l’époque, à l’équipe française le bien fondé de la méthode pour les rendements obtenus. Par exemple, 80 quintaux à l’hectare avec un maïs n’ayant reçu que des quantités minimes d’engrais et de produits phytosanitaires. Par ailleurs les Hongrois montrèrent comment ils substituaient avec bonheur le lupin au soja dans les aliments du bétail dans une proportion allant de 25 à 60% des rations alimentaires.

Lupin contre soja : un blocus politique :


Lorsque l’on réalise que le lupin, non seulement peut diminuer nos importations de protéagineux, barrant la route au soja américain dans l’alimentation du bétail en particulier, compliquée par la nouvelle guerre des OGM, mais peut aussi diminuer notablement notre consommation agricole en engrais chimiques et en produits phytosanitaires, on comprend aisément les barrages mis en place depuis 20 ans face à cette opportunité. Les puissants lobbies internationaux au nom du libre-échange commercial interdisent … et tiennent nos politiques sous leur joug. Plus récemment, le créneau des biotechnologies voit d’un très mauvais œil « l’affaire lupin »< ; il y a 15 ans, l’Europe dépendait encore à 80% des marchés extérieurs pour ses réapprovisionnements en protéines. Aussi, un fonctionnaire de Bruxelles ironisait en déclarant : « l’autonomie de la France en soja est de 12 jours ».

Le lobby soja est suffisamment implanté à Bruxelles pour être en mesure de freiner, voire bloquer les dossiers protéines et décourager les utilisateurs du lupin. Anecdote : Ce même lobby avait fait circuler en 1984 une rumeur dans les campagnes laissant croire que 9 truies avaient péri empoisonnées par du lupin. Lorsque l’information a été démentie, elle avait déjà trouvé écho auprès de nombreux fermiers, et court encore.

L’exploitation des farines animales aura été un plan « foireux » pour essayer d’échapper à l’étau du soja. Contrairement à ce qu’on nous raconte, il existe de nombreuses ressources de protéines inexplorées, inexploitées, pour ne pas dire « torpillées ». C’est ainsi que la plupart des acteurs de l’aventure « lupin » commencée il y a 20 ans, ont été ruinés ou ont, tout simplement, disparu ; les unités de recherches et de productions ont, de leur côté été démantelées. Dans cette histoire, les paysans ont bien peu la parole, et ce n’est pas la première fois qu’une plante est promue ou délaissée en fonction d’intérêts politiques et commerciaux.

Un atout pour l’indépendance alimentaire :


Le lupin, médaille d’or olympique pour capter l’azote de l’air et le synthétiser dans le sol, représente un espoir sérieux pour les pays pauvres, permettant de valoriser des sols acides ou pratiquement rien ne pousse. Face aux apprentis sorciers des OGM qui promettent des solutions mirobolantes contre la faim dans le monde, alors qu’aux Indes, des paysans qui ont écouté le « chant des sirènes » sont ruinés, se suicident ou vendent un de leur rein pour faire subsister leur famille. C’est à ceux-là qu’ils faut demander ce que valent les cultures transgéniques. Les gagnants ne seront pas ceux que l’on croit. Actuellement le Chili et le Pérou utilisent le lupin sous forme de biscuits pour l’alimentation… Le lupin est largement utilisé aussi en Australie et nous l’avons vu en Hongrie.

Le lupin a reçu, depuis longtemps, son brevet de non toxicité. Lors du Congrès International du Lupin en 1984, il a été confirmé que la graine « désamérisée » pouvait se substituer à 100% au soja pour l’alimentation des ruminants, à 25% pour celle des volailles, et à 15% pour celle des porcs.

Hélas nous avons pris beaucoup de retard dans cette voie et il faudrait rapidement mettre en culture entre 500 000 et 1 million d’hectares en France pour rejoindre rapidement nos marges de sécurité alimentaire. Nous verrons si le vent de panique actuel donnera naissance à des initiatives intelligentes et courageuses.

Ouvrage de références techniques :
Le lupin : histoire et utilisation de l’une des légumineuses les plus riches du monde en protéines Auteur : Beltecky – Kovacs – Desbrosses Prix 20 euros franco de port Contact : info@Intelligenceverte.org

Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (VII) de la situation au Japon

Dimanche, juillet 10th, 2011

Le 7 juillet, Les Echos écrit « Nucléaire : le Japon est menacé par un arrêt de tous ses réacteurs ». Mais la menace ne pourrait-elle pas résider dans l’option contraire ? Tout peut dépendre des intérêts que l’on considère. Pour L’Express / Reuters, « Les tests de résistance nucléaires sèment la confusion au Japon ». 20 minutes rapporte, plus calmement, « Japon: les centrales nucléaires soumises à des tests de résistance ». Ce qui paraît la moindre des choses, mais ces tests seront-ils suffisants ? Et pourquoi n’ont-ils pas eu lieu bien avant ? La BBC emploie le titre « Japan nuclear ’stress test’ plans criticised ». Le 7 juillet également, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) diffuse une communiqué sur la situation au Japon après la catastrophe de Fukushima Daiichi, avec des constats qui paraissent très inquiétants en ce qui concerne la santé de la population. De son côté, Témoignage Chrétien dénonce « Nucléaire : au Japon, manger des épinards tue ». Au même moment, The Mainichi Daily News souligne : « Some Asian countries delay nuclear programs in wake of Fukushima incident », se référant à quelques intentions affichées à l’occasion de la réunion du Forum de Coopération Nucléaire en Asie. S’agissant de la France, News Press diffuse le 7 juillet in communiqué récent de l’Institut de Radioprotection et Sureté Nucléaire (IRSN) faisant état de son avis favorable à la poursuite pendant encore dix ans de l’exploitation de la Centrale de Fessenheim, recommandation contestée mais que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a suivie.

Suit le communiqué de la CRIIRAD du 7 juillet 2011

CRIIRAD
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité

Valence.                                                                                Communiqué du 7 juillet 2011

 Conséquences au Japon de l’accident de Fukushima Daiichi : une contamination durable et très étendue

Le laboratoire de la CRIIRAD a effectué une mission au Japon du 24 mai au 3 juin 2011 1. Le présent document fait état des constatations issues des premiers résultats d’analyse. Les dépôts de césium radioactif sur les sols ont été très importants. Ils génèrent, et vont générer pendant longtemps, un flux de rayonnements gamma responsable de l’irradiation de la population sur des très vastes étendues. En l’absence de mesures de protection, des centaines de milliers de personnes vont recevoir, du fait de cette seule exposition externe, des doses de rayonnement très supérieures à la limite de 1 mSv/an. Il faut ajouter à cela l’exposition interne (du fait notamment de l’ingestion d’aliments contaminés) et surtout toutes les doses reçues depuis le 12 mars dernier, des doses qui ont été ont pu être extrêmement élevées au cours de la première semaine du fait de la quasi absence de mesures de protection.

 1 / Importance de la contamination à plus de 60 km : l’exemple de la ville de Fukushima

 L’irradiation externe conduit à un niveau de risque inacceptable

Les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari.

En se désintégrant, les atomes de césium émettent des radiations gamma très pénétrantes. Elles peuvent parcourir dans l’air plus de 60 mètres, c’est ce qui a permis aux américains d’établir une carte des retombées au moyen de sondes héliportées. Ces radiations traversent également les murs et les fenêtres des habitations et irradient les gens dans leur domicile.

Fin mai 2011, les débits de dose relevés par la CRIIRAD dans la ville de Fukushima, à 1 mètre du sol, en extérieur, étaient typiquement plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4eme étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres (même fermées). A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la CRIIRAD a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure, 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une
école proche (mesures à 1 mètre du sol).

Cette irradiation ne diminuera que très lentement. Elle est due en effet principalement au césium 137 et au césium 134 dont les périodes physiques sont longues (30 ans et 2 ans respectivement). Cela signifie que la radioactivité du césium 137 sera divisée par 2 dans 30 ans. On peut estimer que dans les douze mois à venir, la radioactivité du césium 134 ne sera abaissée que de 30 % et celle du césium 137 de 3%. La radiation ambiante ne sera réduite que de quelques dizaines de %.

Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer mortel est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100 000 personnes exposées.

Or les autorités japonaises ont fixé une limite de dose de 20 milliSieverts comme critère pour décider d’évacuer définitivement ou non les populations. Ceci correspond à un risque de cancer mortel à terme 20 fois supérieur au risque acceptable. Ceci est d’autant plus grave que les habitants de Fukushima ont déjà été fortement exposés. Il faut également tenir compte des doses liées à la contamination interne que ces populations continuent à subir par ingestion de denrées contaminées et des risques liés à l’inhalation de poussières à partir du sol contaminé.

Dans la ville de Fukushima, la CRIIRAD a mesuré par exemple dans la terre prélevée sous les balançoires de l’école primaire Moriai, une contamination en césium 137 + 134 de 370 000 Bq/kg. Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié.

 Une population déjà très exposée aux radiations

La persistance de la contamination en iode 131 des sols prélevés par la CRIIRAD fin mai 2011 dans la ville de Fukushima permet d’évaluer les retombées initiales en iode 131 à des millions de Bq/m2.

L’iode 131 a une période physique de 8 jours, sa radioactivité était donc plus de 600 fois supérieure lors des retombées. Ceci témoigne de la forte contamination de l’air lors de l’arrivée des panaches contaminés en particulier le 15 mars 2011.

Il y avait également d’autres substances radioactives qui se sont largement désintégrées depuis comme le césium 136, le tellure 129, le tellure 132, l’iode 132, l’iode 133, etc.. ainsi que des gaz radioactifs comme le xénon 133 et le krypton 85 qui ne sont pas accumulés dans les sols.

Les habitants de cette ville ont donc déjà été soumis à une contamination interne très importante d’abord par inhalation d’air contaminé et surtout par ingestion de denrées contaminées du fait des dépôts de substances radioactives. Les autorités japonaises n’ont en effet édicté des restrictions de consommation sur la préfecture de Fukushima qu’à partir du 21 et 23 mars (selon les types d’aliments). Les populations ont donc consommé pendant plus d’une semaine des aliments très contaminés, sans aucune restriction ni information. Ils ont pu de ce fait recevoir des doses efficaces de plusieurs dizaines de milliSievert et les doses à la thyroïde dépassant le Sievert.

Pour mémoire, la contamination initiale des épinards par l’iode 131, à 100 km au sud de la centrale était telle qu’en consommant 200 grammes un jeune enfant pouvait dépasser la dose maximale annuelle admissible de 1 milliSievert, à 40 kilomètres au nord-ouest, les végétaux étaient tellement contaminés que cette limite annuelle pouvait être atteinte en consommant 5 grammes de végétaux.

Il est indispensable que les populations touchées obtiennent une évaluation fiable des doses déjà subies et il est impératif de tout faire pour limiter leur exposition à venir.


2 / Ampleur de la zone touchée par les retombées

Les retombées concernent un territoire très étendu, bien au-delà de la zone interdite de 20 km, et bien au-delà de la préfecture de Fukushima. En fonction des conditions météorologiques, les masses d’air contaminé se sont déplacées sur des centaines de kilomètres et les précipitations (pluie et neige) ont précipité au sol les particules radioactives. Les dépôts de césium 134 et 137 entraînent une contamination durable.

Ceci est confirmé par les prélèvements de sol et par les mesures de débit de dose réalisées2 par la CRIIRAD (à 1 mètre du sol), du 24 mai au 3 juin 2011. On mesure en effet :

· 0,47 μSv/h à Marumori (préfecture de Miyagi), à environ 60 km au nord de la centrale. Le niveau naturel calculé3 est de 0,1 μSv/h et les retombées4 en césium 137 et 134 de plus de 95 000 Bq/m2.

· 0,33 μSv/h près de Hitachi (préfecture d’Ibaraki) environ 88 kilomètres au sud de la centrale. Le niveau naturel calculé est de 0,07 μSv/h et les retombées en césium de plus de 50 000 Bq/m2. L’iode 131 est encore détecté dans le prélèvement du 25 mai.

· 0,28 μSv/h à Ishioka (préfecture d’Ibaraki) à environ 160 km au sud sud-ouest de la centrale. Le niveau naturel calculé est de 0,06 μSv/h et les retombées en césium de plus de 48 000 Bq/m2.

Il existe donc, tant au niveau des préfectures d’Ibaraki que de Miyagi, des secteurs sur lesquels le taux de radiation artificiel est plus de 4 fois supérieur au niveau naturel. Cela représente donc pour une personne qui passe 50 % de son temps en extérieur, une dose ajoutée sur les douze prochains mois susceptible de dépasser la dose maximale annuelle admissible de 1 milliSievert par an, sans tenir compte, ni de l’irradiation externe induite à l’intérieur des bâtiments, ni de la contamination interne par ingestion de nourriture contaminée ou par inhalation des particules radioactives remises en suspension.

Ces résultats contredisent les informations relayées par l’Autorité de Sureté Nucléaire française qui écrit dans un communiqué du 28 juin 2011 : « A l’extérieur du site, la décroissance des débits de dose mesurés dans l’environnement continue. A Fukushima, le 7 juin, le débit de dose était 1,6 μSv (microSievert)/h. Les 45 autres préfectures présentent des débits de dose inférieurs à 0,1 μSv/h ».

· Au niveau de la ville de Tokyo, l’exposition résiduelle par irradiation externe est susceptible de conduire à une exposition non négligeable. La CRIIRAD a mesuré par exemple 0,14 μSv/h début juin, dans le parc Wadabori-Koen, à Tokyo (à environ 235 km de la centrale). Dans ce parc, le niveau naturel calculé est de 0,06 μSv/h et les retombées en césium 134 et 137 de plus de 14 000 Bq/m2. Il faudrait disposer de données pour toute l’agglomération.

C’est pourquoi la CRIIRAD demande aux citoyens japonais d’exiger la publication de cartes détaillées des retombées et de la contamination résiduelle, à l’échelle de tout le pays, et avec une précision suffisante, c’est-à-dire correspondant à des retombées en césium à partir de 1 000 Bq/m2 et non pas de 300 000 Bq/m2 comme sur les cartes publiées le 6 mai 2011.

Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire CRIIRAD

1 Un premier bilan des investigations a été présenté lors de conférences de presse à Fukushima (30 mai) et Tokyo (31 mai et 1er juin 2011) et sont exposées dans un compte rendu disponible sur le site de la CRIIRAD (en Anglais) : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/e…

2 Mesures réalisées par Christian Courbon, Bruno Chareyron (laboratoire CRIIRAD) et Wataru Iwata (ONG Japonaise Project 47) au moyen d’un compteur proportionnel compensé en énergie, modèle LB123 de marque Berthold.

3 La contamination étant détectable partout y compris à Tokyo, il est difficile de déterminer le taux de radiation naturel en l’absence de contamination. A partir d’analyses de sol ayant permis de mesurer l’activité des radionucléides naturels émetteurs gamma, le laboratoire de la CRIIRAD a recalculé le débit de dose naturel théorique (composante tellurique et contribution du rayonnement cosmique).

4 Il s’agit de retombées estimées à partir des concentrations en césium 137 et césium 134 mesurées sur la strate 0-5 cm d’une carotte échantillonnée sur un terrain plat, non remanié et donc susceptible d’avoir correctement conservé le dépôt intervenu en mars 2011. L’activité surfacique donnée est une estimation préliminaire par défaut car l’analyse des strates 5-10 cm et des fractions > 2 mm se poursuit.

Peut être une catastrophe nucléaire en cours aux USA, blackout des médias…

Dimanche, juillet 3rd, 2011

La centrale nucléaire de Fort Calhoun au Nebraska connaît les pires inondations de son histoire. Le site abrite pas moins de 25 ans de stock d’uranium utilisé. Ceux-ci sont stockés sous le niveau du fleuve dans des containers qui ne sont pas censés être immergés… La population a été évacuée dans un périmètre de 10 miles (16km).

Vous en avez entendu parler ? Non car le nucléaire c’est bien, cela rapporte gros donc dites-vous bien que les informations ne sont prêtes de passer… Un conseil, visitez le site de la CRIIRAD et inscrivez-vous à la liste de diffusion du Réseau Sortir du Nucléaire, c’est le minimum…

Les médias mentent… les Etats aussi… la preuve par Fukushima

Jeudi, mars 24th, 2011

Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucune des données relevées par les Etats ainsi que les organisations internationales en charge de la radio protection ne sont aujourd’hui accessible aux citoyens…

La CRIIRAD que j’ai déjà cité s’est fendue d’un communiqué d’indignation face au black-out auquel elle doit faire face, c’est ici. En effet, elle  ne peut avoir accès aux données globales qui seules permettent de mettre à l’abri les populations des endroits les plus contaminés. Il est donc évident avec les derniers chiffres incroyables des radiations relevées aujourd’hui même à proximité de la centrale, 500 µ/sievert que cette catastrophe est sans équivalent. Les rejets ne sont pas terminés et l’environnement va devenir massivement invivable.

Ceci révèle au grand jour le visage de nos élites, égoïstes, paternalistes et criminelles. Elles tentent de faire en sorte que rien ne soit connu des retombés afin d’éviter que les populations ne se révoltent et ne demande une alternative à cette folie qu’est le nucléaire. Car quitte à choisir, le citoyen préfèrera changer de façon de vivre plutôt que de risquer de s’empoisonner ou de tuer ses enfants afin que demeure le statu quo. Car à aucun moment celui-ci est en sa faveur. Il va falloir suivre de près les communiqués de la CRIIRAD et du Réseau Sortir du Nucléaire car la vérité n’est pas prête d’éclater au 20h…

Contamination radioactive internationale en perspective :

Dimanche, mars 20th, 2011

Suite aux dégâts occasionnés aux différents réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi, la contamination s’étend largement au-delà du Japon. Dans l’archipel, les premiers relevés font états d’une forte irradiation de l’environnement sur près de 80 km de terre. Les relevés sur les populations ne sont pas les seuls indicateurs et les médias se gardent bien d’insister sur les conséquences pour l’environnement et la chaine alimentaire.

En effet, que penser du monde aquatique ? Les rejets effectués dans la mer ne peuvent être qu’énormes. Aucune données pour le moment mais vu la proximité immédiate de la mer, les retombés des nuages ne manqueront pas de s’y déverser. C’est certainement là que le plus gros des particules vont finir. Alors quel avenir pour ce pays pour qui la mer est une mère nourricière ?

Je crois que le chemin pris par les autorités est clairement autant pour les japonais que pour toutes les autres nations de minimiser les effets sur l’environnement. Ils pleureront les héros tombés pour protéger le plus grand nombre afin de mieux mentir en captant leurs mémoires.

Nous verrons si les mois à venir me font mentir. En tous les cas, il va falloir suivre de très près les articles écrits par les organismes non gouvernementaux qui ne détiennent pas d’actions dans le nucléaire. Je vous conseille donc la lecture du site de la CRIIRAD : Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité.

Ceux-ci comme le réseau sortir du nucléaire dont je vous parlais la semaine dernière sont les seuls à avoir un peu d’objectivité. Le site de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) est un modèle de langue de bois. Il se contente de mettre en scène les informations officielles mais contrairement à la CRIIRAD, il ne pose aucune question. Comme si il suffisait de citer les éléments officiels pour être objectif…

Pour s’informer sur la catastrophe nucléaire au Japon

Lundi, mars 14th, 2011

Alors que le Japon vient de connaître le séisme le plus important de son histoire, une catastrophe nucléaire majeure est à craindre. Et déjà on peut voir les politiciens et médiacrates de tous bords nous expliquer que le Japon, c’est très loin et que leurs centrales sont très différentes des nôtres. C’est vrai, elles produisent de la barba papa à partir d’aspartam…Plus sérieusement, leurs centrales en effet consomment du MOX… à savoir un combustible non seulement plus instable mais aussi plus polluant. C’est de plus un produit inventé par notre regretté COGEMA, ancêtre d’AREVA.

A l’heure actuelle, rien n’est réglé mais pour éviter d’être intoxiqué par leurs informations irradiés, je vous propose de vous rendre sur le site de l’association Sortir du Nucléaire qui tâche de relayer le maximum d’informations sérieuses, c’est ici. Vous pouvez aussi en profiter pour vous inscrire à leur newsletter qui est par exemple la source d’un précédant post concernant les liens entre AREVA et la famille Ben Laden,.

 

 

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Gaz de Schiste, cela se précise !

Jeudi, mars 3rd, 2011

Ces dernières semaines, on a pu lire de nombreux articles à propos de la mise en chantier des puits en France. J’attire votre attention sur les deux émissions de Là-bas si j’y suis qui y ont été consacrés car elles sont excellentes ! Voici la première ici et la seconde ici. Pour ce qui est de l’engagement basic, le site pour la pétition contre ces saloperies est .

Gasland, le forage des gaz de schiste prochain désastre écologique ?

Vendredi, février 11th, 2011

Ces derniers mois, les inquiétudes se confirment. Les compagnies françaises vont commencer  à forer les gaz de schiste. Il s’agit de fracturer les roches présentes à environ 2000 mètres de profondeur. De l’eau propulsée sous très haute pression agrémentée d’un cocktail particulièrement violent de produits chimiques provoque des mini séismes qui permettent de liquéfier gaz et pétrole présents. Le résultat de ces pratiques très couteuses et particulièrement polluantes est bien souvent la destruction des nappes phréatiques présentes à proximité des forages.

Ces nappes phréatiques pollués, c’est toute l’eau des habitants de ces régions qui deviennent littéralement empoisonnées… Les animaux, les plantes et les êtres humains sont alors touchés. Si ces derniers peuvent acheter l’eau en bouteille des multinationales, ce n’est pas le cas des premiers et des seconds…               

Le bilan est donc une dégradation complète d’écosystèmes qui étaient bien souvent jusque-là relativement préservés. Les politiciens diront qu’il s’agit d’autonomie énergétique… Toujours chercher à repousser ce qui doit se faire, se passer du pétrole et des matières premières qui ne sont pas renouvelables. Une mobilisation s’organise en France, pour y participer, c’est ici.               

Je vous propose le documentaire américain GAZLAND qui propose une enquête sur le phénomène qui est déjà à l’œuvre aux USA depuis quelques années et devinez par qui l’on commence, Dick Cheney et sa formidable société omniprésente… Halliburton


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Home de Yann Artus Bertrand, un doc lénifiant ?

Mardi, août 24th, 2010

Une œuvre lénifiante ? Une caricature de documentaire ? Je crois qu’il fut difficile pour moi de dire ce qui caractérisa le mieux ma réaction  la vue de Home de Yann Arthus Bertrand.

Quand j’étais enfant, ce nom était synonyme de grande valeur sur mes pin’s… Et oui, certains ne doivent pas avoir oublié ce formidable objet publicitaire aujourd’hui désuet. Pourtant il s’agit bien du même homme qui paraît-il à force de faire des tours en hélicoptère s’est aperçu que l’écologie était l’avenir du genre humain.

Le problème de son « film » repose sur la formidable entreprise de décervelage collectif auquel celui-ci s’adonne. Cela commence par un remerciement du groupe Pinault Printemps la Redoute qui est un modèle d’entreprise dite « Corporate[1] » avec ses milliers de bons « collaborateurs ». Le tout encadré par les bons soins de Luc Besson et de sa société Europa Corp, digne d’un bon blockbuster[2] américains. Tout avait été fait pour toucher le maximum de citoyens.

Mais pour faire quoi au fait ? Une prise de conscience collective ? C’est un petit peu ce que je me suis demandé au visionnage de cet objet improbable. Car tout est fait pour vous embrouiller dans ce grand documentaire film sur l’homme et ses méfaits. Il s’agit de « l’homme » au sens où les pétroliers seraient apparus dans le monde entier et que toutes les civilisations auraient découvertes le moteur à explosion en même temps… Cet homme générique ressemble hélas au vue des images du cinéaste amateur plus souvent à un Africain ou a un chauffeur de camion… Je sais que c’est un peu réducteur mais quelles images autres que les jolies photos d’album restent dans votre esprit après ce visionnage ?

Pour ma part, connaissant un peu l’histoire de l’idée écologiste j’ai été étonné de ne pas entendre une date, une chronologie ? Comme si tout çà était un peu arrivé « comme çà » pas par hasard mais plutôt sans crier gare… Mais n’importe quel professeur du second degré connait l’histoire de la conquête des territoires dans la compétition coloniale ? La frénétique destruction des écosystèmes locaux pour la production de cultures d’exportations aux bénéfices de sympathiques développeurs de croissance. Certains appellent çà des investisseurs, d’autres des actionnaires mais moi je préfère les vampires.

Et ce qui m’étonne c’est que l’on préfère questionner « l’homme » sans réponses bien sur plutôt que les « vampires »… Pourtant quand un bateau s’échoue, il y a bien un armateur ? Quand une mine s’écroule, il y a bien un exploitant ? (mort fort bien choisi soit dit en passant !). Quand un gouvernement choisi de laisser des investisseurs s’occuper d’un territoire jusqu’alors préservé, il y a bien un gouvernement que je sache ? Et bien non, là mis à part l’homme… rien.

Donc vous comprendrez que je vous conseil de voir ce docu film spot de pub pour l’homme ? Ne serait ce que pour vous faire votre propre idée en gardant à l’idée ce que je viens de vous écrire. Pourquoi généraliser quand il faudrait au contraire caractériser ? N’est ce pas pour éviter de questionner. Le problème c’est que quand on comprend d’où çà vient on pourrait avoir envie de s’en occuper. Mais après Home, vous ne risquez pas de faire grand-chose contre ou avec qui que ce soit. Allez un petit don pour sa fondation ?

Pour aller plus loin, l’émission de Daniel Mermet sur les « éco tartuffes » ici. Et l’intervention issu du Pacte contre Nicolas Hulot ici.

LR

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[1] Qui renvoi à l’idée d’une entreprise à vocation internationale.

[2] Film qui génère un grand nombre d’entrée par le biais d’un matraquage intense…