Archive for the ‘France’ Category

Qu’est ce que la guerre humanitaire ?

Dimanche, janvier 8th, 2012

La guerre en Lybie a été menée sous un prétexte de défense des populations civiles, ce court documentaire qui interroge certains des fameux « lanceurs d’alerte » permet de comprendre à quel point l’intoxication a été importante. Il apparaît alors que les exactions du régime de Kadhafi n’ont en grande partie jamais existé. Mais la cour pénale internationale ne semblait pas avoir besoin des preuves pour intervenir… Intéressant…

 

Conférence à ne pas rater du professeur Antal Fekete à propos du standard Or !

Lundi, décembre 26th, 2011

Conférence débat organisée par le cercle Aristote mi-décembre 2011 animée par Pierre Jovanovic avec la participation exceptionnel du Professeur Antal Fekete. Mr Fekete est une personnalité du monde économique atypique mais désormais très écoutée, petite biographie du professeur :

Antal Fekete est né à Budapest en 1932. Diplômé en mathématiques de l’Université Lorant Eötvös de Budapest en 1955, il a quitté la Hongrie dans le sillage du soulèvement de 1956 réprimé par les forces d’occupation soviétiques. Émigré au Canada, il a été nommé en 1958 professeur à la Memorial University de Terre-Neuve, poste qu’il occupa jusqu’en 1993. Dans ce cadre, il a également été « professeur invité » à Columbia ( 1961 ), au Trinity College de Dublin ( 1964 ), Acadia University Wolfville Nouvelle-Écosse ( 1970 ) et à Princeton ( 1974 ) où il a rencontré Paul Volcker, futur patron de la Fed. Depuis 2000, il a été professeur au Intermountain Institute for Science and Applied Mathematics, Montana et a donné des cours dans le cadre de sa Gold University, afin d’expliquer au monde entier que le système économique va à sa ruine si on ne réinstalle pas une forme de standard or au plus vite. À partir de 2009, il a commencé à enseigner à Munich à la New Austrian School of Economics. Ses séminaires privés sont suivis par les responsables des plus grandes banques centrales et hedge funds qui utilisent l’or comme investissement.

Cette conférence vous permet de prendre du recul par rapport aux discours de nombreux économistes qui ne font que rabâcher les homélies sur l’importance de créer de la monnaie à partir de rien et sans limites. L’histoire nous enseigne que personne et surtout aucun état ne peut se lancer dans une telle aventure sans finir par ruiner tous ses citoyens. Le pire c’est qu’en général ceux-ci ne maitrisent pas le fonctionnement de la création monétaire, c’est ce qui assure le pouvoir du gouvernement sur ses citoyens. Il nous appartient de ne pas nous laisser faire et c’est bien le message du professeur, passionnant !



Perpsectives économiques en 2012, entretiens avec Olivier Delamarche

Lundi, décembre 26th, 2011

Un excellent entretien d’Olivier Delamarche en fin d’année 2011 animé par l’équipe d’arrêt sur images. Il commence par un extrait d’une passe d’armes entre Sarkozy et Strauss Khan qui doit dater d’une vingtaine d’années… La politique et ses acteurs ne change pas beaucoup en France. Je vous conseille de suivre la vidéo jusqu’au bout car la seconde partie de l’interview est très instructive. Olivier Delamarche peut y exposer plus facilement sa lecture des événements et c’est vraiment facile d’accès pour des néophytes en économie. C’est un peu son grand atout, essayer de faire comprendre ce qui se passe sans faux semblants et sans céder à la doxa économique en vigueur, un must !



Conférence à Avignon d’Olivier Delamarche et Pierre Jovanovic

Jeudi, décembre 8th, 2011

Conférence économique du 30 novembre 2011 à l’université d’Avignon sur les conséquences de la crise de 2008 analysées à la lumière des compétences d’Olivier Delamarche (associé gérant de Platinium Gestion) et Pierre Jovanovic (écrivain et ancien journaliste au quotidien de Paris) avec des articles et documents factuels présentés ce jour là.

L’industrie pharmaceutique fabrique les nouvelles maladies

Dimanche, décembre 4th, 2011

Ce documentaire édifiant sur l’industrie pharmaceutique est grandement basé sur l’expérience américaine. Dans ce formidable pays de la liberté d’entreprendre, la publicité pour les médicaments est tout a fait acceptée. Cela permet de voir plus clairement la mentalité de cette industrie qui vaut bien le cynisme de celle du lobby militaro industriel… Le dernier exemple du Médiator démontre qu’en France les hoses ne sont pas mieux…


Marketing du médicament et commerce de la maladie par Dailygratuit

Roubini enfonce le clou… Fin de partie pour la zone euro…

Lundi, novembre 28th, 2011

La crise de la zone euro serait apparemment sur le point d’atteindre son paroxysme. La Grèce est au bord de la faillite et une sortie peu glorieuse de l’Union monétaire se profile. L’Italie est près de ne plus pouvoir emprunter sur les marchés financiers. Mais les problèmes de la zone euro sont bien plus préoccupants car ils sont structurels. Pendant la dernière décennie, Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne ont été des consommateurs de premier et dernier ressort de la zone euro, creusant leur déficit de balance courante. Pendant ce temps, le « noyau » de la zone euro dans son ensemble (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, France) a joué le rôle de producteur de premier et dernier recours, engrangeant des excédents.

La fermeté de l’euro depuis 2002 a contribué à ce déséquilibre ainsi que les divergences entre taux de change réels et compétitivité. L’accumulation de dettes publiques et privées dans les pays trop dépensiers est devenue ingérable quand les bulles immobilières ont éclaté et quand les déficits des comptes courants et les déficits budgétaires sont devenus insoutenables.

Que va-t-il donc se passer maintenant ? Une relance symétrique est la meilleure option pour restaurer la croissance et la compétitivité à la périphérie de la zone euro, tout en prenant des mesures d’austérité et des réformes structurelles nécessaires. Cela implique un assouplissement significatif de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, le soutien sans limite de prêteurs de dernier ressort pour les économies illiquides mais potentiellement solvables, une forte dépréciation de l’euro et des mesures budgétaires de stimulation des pays du coeur de l’euro si les pays de la périphérie sont forcés à l’austérité.

Malheureusement, l’Allemagne et la BCE s’opposent à cette option et veulent imposer une potion amère aux pays de la périphérie de l’euro, synonyme d’austérité budgétaire, de réformes structurelles, de réduction des coûts unitaires du travail. La conséquence de ce traitement de choc sera une récession plus forte à court terme. Si les pays de la périphérie restent empêtrés dans le piège déflationniste, ils pourraient alors être tentés par une troisième option : la cessation de paiement et une sortie de la zone euro. Cela leur permettrait de relancer la croissance économique et la compétitivité grâce à la dépréciation des nouvelles devises nationales.

Bien entendu, une telle rupture serait un choc aussi sévère que l’effondrement de Lehman Brothers en 2008, si ce n’est pire. Vouloir l’éviter obligerait les économies du coeur de la zone euro à embrasser la dernière option : soudoyer les pays de la périphérie, pour que leurs économies restent non compétitives et pour que leur croissance reste faible. Il faudrait accepter des pertes massives sur la dette publique et privée, ainsi que des paiements de transfert énormes pour relancer les revenus de la périphérie, pendant que sa production stagne.

L’Italie procède un peu de cette manière : le Nord subventionne le Mezzogiorno. Mais de tels transferts permanents sont politiquement irréalisables au sein de la zone euro.

Cela signifie également que l’Allemagne et la BCE ont moins de pouvoir qu’elles veulent bien le croire. À moins d’abandonner l’ajustement asymétrique (récession-déflation), en faveur d’une approche plus symétrique (austérité et réformes structurelles sur la périphérie, combinée à la relance dans l’ensemble de la zone euro), le naufrage de l’Union monétaire s’accélérera.

Nouriel Roubini est président de Roubini Global Economics et professeur d’économie à la Stern School of Business (NYU). Cet article est publié en collaboration avec Project Syndicate, 2011. Source Les Echos ici.

 

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Le Foreign Office prévient ses ambassades : la zone euro va exploser, sauvons nos ressortissants !

Lundi, novembre 28th, 2011

The Telegraph rapporte que le Foreign Office, le ministère des affaires étrangères Britannique, demandait à ses ambassades en Europe de préparer l’évacuation de ses ressortissants en Europe si l’effondrement de l’Euro devenait réalité. La fermeture des banques entrainerait la disparition des liquidités et la paralysie de l’économie. Elle prendrait alors au piège les ressortissants anglais présents dans l’Union. De la même manière, un ministre du Royaume Uni a révélé que les plans du gouvernement étaient désormais établis sur le principe d’un écroulement de l’euro, écroulement qui ne serait plus désormais qu’une question de temps.

Quelques extraits de l’article du Telegraph :

-Les Ambassades Britanniques de l’Euro zone ont été avisées de se préparer à aider les expatriés Britanniques dans le cas de l’effondrement de la monnaie commune,

-Les ambassades se préparent à aider les Britanniques à l’étranger dans l’hypothèse d’une panique bancaire et d’émeutes suite à la crise de la dette,

-Les diplomates ont pour objectif de se préparer à aider des dizaines de milliers de ressortissants britanniques résidant dans les pays de l’Euro zone dans le cas d’un effondrement financier qui les laisserait incapables d’accéder à leurs comptes bancaires ou de retirer de l’argent liquide,

-Un ministre a mentionné qu’il « était dans l’intérêt de la Grande Bretagne que l’Europe tente de redresser la situation, parce que cela lui donnait plus de temps pour se préparer »,

Le Telegraph ajoute également que :

-Le premier ministre italien Mario Monti, dans un échange avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, a affirmé « qu’une faillite de l’Italie signifierait inévitablement la fin de l’Euro »,

-Les traités Européens qui ont créé l’Euro et qui en précisent les règles de fonctionnement n’ont pas prévu le cas d’une sortie de l’Euro par l’un des membres, ce qui implique que toute sortie de l’Euro sera faite dans le désordre et donc de manière totalement chaotique,

-Certains analystes pensent que l’onde de choc d’un tel évènement pourrait provoquer l’effondrement du système financier, ce qui laisserait les banques dans l’incapacité de rendre leur argent à leurs déposants et détruira les sociétés dépendant du crédit pour se financer.

Enfin, cerise sur le gâteau qui nous est offert par la grâce de cette belle expérience Keynésienne appelée l’Euro, le Telegraph rapporte que certains économistes prévoient que l’effondrement de l’Euro aurait pour conséquence une baisse de 50% du PIB des pays membres de l’UE et provoquer un chômage massif.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’article du Telegraph ici. Il parait désormais évident qu’il nous faut tous garder un peu de liquide en sécurité sous notre oreiller…

 

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Comment ils nous ont sauvés !

Samedi, octobre 29th, 2011

Alors pour ceux qui n’aurait vu que l’interview  du meilleur d’entre nous, en fait rien n’est réglé. Mais au contraire, c’est la solution du pire qui  a été privilégié… Afin d’éviter que certains banquiers assument leur responsabilité, nos gouvernements les ont assurés de nous endetter massivement pour un avenir meilleur.

Voici un article clair et concis sur l’état des dettes :

- la Grèce : on efface 100 milliards d’euros (les banques abandonnent 50% de leurs créances)… et on prête 100 milliards d’ici 2014 (aide de l’UE qui remplace celle décidée lors du plan du 21 juillet). C’est du bonneteau ! D’ici là on espère que la Grèce va se redresser, bien sûr.

- les banques se recapitalisent de 100 milliards d’euros, en faisant appel au marché. Déjà le montant est jugé insuffisant par beaucoup (le FMI parle de 200). Mais surtout, quand on regarde le détail par pays, on se demande comment les banques grecques vont lever 30 milliards d’euros sur les marchés ! Ou les banques espagnoles 26 milliards, ou portugaises 7,8 milliards ! Voici d’autres plans d’aide en perspective…

- un FESF à effet de levier : ce que nous redoutions se met en place. Un FESF au rabais, déjà atteint par la crise (« Ce Fonds disposait à sa création de 440 milliards d’euros mais après avoir été mis à contribution pour aider le Portugal et l’Irlande, et en raison d’un complexe montage financier pour lui octroyer une note AAA, il ne dispose plus aujourd’hui que d’une capacité effective estimée à 250 milliards d’euros. » Les Echos) va passer à 1000 milliards ! L’effet de levier sera obtenu via un double mécanisme : 1) il s’agira d’une part d’assurer partiellement les dettes souveraines émises par des pays en difficulté et, 2) d’autre part, de créer une nouvelle entité adossée au FESF et au FMI et auquel participeront des investisseurs internationaux, comme la Chine ou d’autres grands pays émergents (l’Europe quémande de l’argent à la Chine, quelle honte !) L’Allemagne et la France seront les principaux garants de ce FESF. Notre dette publique de 1600 milliards d’euros ce n’était pas assez, on se remet au-dessus de nos têtes une nouvelle épée de Damoclès.

- la BCE va continuer à monétiser (acheter de la dette souveraine sur le marché secondaire), son nouveau président, Mario Draghi, s’y est engagé. L’ancien directeur de Goldman Sachs fait preuve de la docilité que chacun attend de lui (bientôt on regrettera Jean-Claude Trichet !).

On le comprend, cet accord ne sert qu’à gagner du temps, et lorsqu’un autre pays européen connaîtra des difficultés (Portugal, Espagne, Italie), un autre plan sera nécessaire. Surtout l’édifice est fragile : le FESF bénéficie du triple A et peut donc emprunter bon marché parce qu’il est garanti par l’Allemagne et la France. Si Paris perd son AAA, le Fonds le perdra également et tout sera remis en cause. Pas grave, on fera un autre plan.

La chose est ainsi bien résumée par Max Keiser :

L’endettement programmé des collectivités françaises

Dimanche, octobre 2nd, 2011

Dans les mois qui viennent, nous n’avons pas fini de voir les conséquences dramatiques de l’endettement monstrueux de nos collectivités territoriales. Elles ont contractés de façon massive des prêts adossés à des actifs toxiques. Ce qui se traduit par une hausse des taux d’intérêts qui peut atteindre + de 80%… Heureusement la plupart n’excède pas 25%… Les mafieux n’auraient pas demandés moins !

Une carte publiée par le journal Libération est disponible et couvre les prêts gérés par DEXIA crédit local. D’autres collectivités sont aussi touchées mais couvertes par d’autres banques…

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Le Lupin : trésor agroalimentaire occulte

Lundi, septembre 26th, 2011

Reproduction d’un article issu du site Intelligence Verte qui met en lumière le poids de la géopolitique dans les choix de notre agriculture, très instructif.

Alors que nous vivons une douloureuse remise en question d’une part au niveau de l’élevage des animaux de rendement en raison de la suppression des farines animales , sources de dangereuses contaminations, et d’autre part, au niveau des cultures aux engrais chimiques en raison du niveau critique de pollution actuellement atteint, le monde agricole est en quête urgente de solutions de remplacement. Il en existe une qui vient à point, elle est biologique, naturelle, aussi vieille que le monde : c’est le lupin, véritable trésor de protéines.

Le lupin, une vieille connaissance :


Le lupin est une légumineuse aux multiples espèces (plus de 450) dont certaines sont plus riches en protéines que le soja (50% contre 30%). De plus cette plante régénère les sols pauvres par sa faculté de synthétiser l’azote de l’air. Le lupinus est cité dans des textes romains remontant à trois siècles avant Jésus-Christ en tant qu’aliment pour la consommation humaine.

Par ailleurs, les Egyptiens et les Incas, depuis longtemps, ont eu coutume de tremper dans les rivières leurs sacs de graines de lupin bouillies avant de les consommer ou les donner aux animaux.

Dans l’Europe du Moyen-Age, les lupins blancs, jaunes et pileux étaient toujours cultivés pour l’alimentation et comme engrais vert. Cette tradition survit encore en Italie et en Afrique du Nord où les graines de lupin blanc sont consommées en apéritif. Les graines de lupins sauvages contenant 1 à 2% d’alcaloïdes amers, les anciens les cuisaient dans l’eau et les rinçaient à l’eau tiède afin d’éliminer l’amertume : l’eau de rinçage servait ensuite comme insecticide naturel.

Au début du 19ème siècle, les éleveurs de moutons allemands commencèrent à l’utiliser sur les terres sableuses de la baltique. Mais vers 1870, cette culture fut stoppée en raison des alcaloïdes amers qui provoquèrent des accidents parmi les animaux.

Les tribulations de l’affaire lupin :


Le lupin tomba dans l’oubli en Europe jusqu’à la crise de 1929. Pour s’affranchir de leur dépendance vis à vis des tourteaux importés (déjà à l’époque !), les allemands firent des recherches sur des plantes riches en protéines. Le soja et la luzerne ne donnaient pas de résultats suffisamment performants, et le lupin fut sélectionné pour son meilleur rendement, à condition toutefois d’obtenir des variétés pauvres en alcaloïdes. Ainsi le professeur Sengbush de l’institut Kaiser Wilhem de Muncheberg réussit à obtenir 7 lupins peu amers, dont la culture se développa rapidement. Sept ans plus tard, en 1938, 78 000 ha furent ensemencés.

Puis vint la guerre et le lupin, comme les autres légumineuses, déclina en Europe occidentale, mais pas en Europe de l’Est, qui poursuivit cette culture en Hongrie, en Pologne et en URSS.

Après 1945, les Etats-Unis jouant de leur force économique et militaire en Europe, imposèrent à notre agriculture un modèle d’alimentation animale basée sur des cultures de climat chaud dont ils avaient le monopole commercial et qui ne sont pratiquement pas exploités en Europe. Aussi, les Etats-Unis laissèrent-ils l’Europe se couvrir de maïs, mais interdirent les protéagineux pouvant concurrencer le soja. Toute volonté de sortir de cette dépendance a fait depuis, aussitôt l’objet d’un rappel à l’ordre musclé.

Relance du lupin il y a 20 ans :

Jeune agriculteur possédant une ferme expérimentale, Philippe Desbrosses était, à l’époque, l’un des leaders du CINAB (Comité Interprofessionnel de l’Agriculture Biologique). Un jour, en feuilletant un vieux numéro de la revue Rustica, il découvrit « la plante d’or des sables » ainsi nommé le lupin. Séduit par les qualités énergétiques de la plante, il se mit à la recherche de graines ; Mais l’importation du lupin était interdite en France. La quête dura de longs mois, et finit par aboutir grâce à un industriel qui ramena illégalement des graines de RFA en France.

Sur la terre de Sologne, traditionnellement pauvre et acide, Philippe Desbrosses choisit la parcelle la plus désolée de ses 53 ha et sema ses graines.Quelques mois plus tard la parcelle était couverte de magnifiques pousses de 1,20m et la récolte s’effectua dans l’euphorie. Le seul problème, c’était que le lupin semé avait été du lupin jaune amer qui contient de la lupuline, alcaloïde plus ou moins toxique pour les consommateurs, qu’ils soient bipèdes ou quadrupèdes.

Mais qu’importe, les tonnes de matière verte constituèrent un engrais exceptionnel, et plus tard Philippe Desbrosses finit par trouver des graines de lupin jaune doux exempt d’alcaloïdes.

Avec le lupin jaune doux, on peut obtenir 22 quintaux à l’hectare de rendement, ce qui a fait rigoler les céréaliers de la Beauce avec leur 80 ou 100 quintaux à l’hectare.

Ceci ne découragea pas Philippe Desbrosses puisqu’il fit du lupin son sujet de thèse de doctorat es sciences en 1987 à l’Université de Paris VII, et que depuis 1975, il ne cesse de cultiver cette plante.

Un procédé de désamérisation du lupin :


Le dilemme qui s’est posé a été quel lupin exploiter : des lupins doux non toxiques mais d’un rendement modeste et peu résistant aux parasites, ou des lupins amers d’un bon rendement, résistant aux parasites mais toxiques à la longue, et d’un goût rebutant. Une équipe italo-suisse-allemande a résolu le problème en mettant au point un procédé d’extraction à froid des substances amères qui s’avère très efficace et peu coûteux, nommé « procédé Mittex ». De plus les substances amères recueillies s’avèrent posséder de très bonnes propriétés fertilisantes et phytosanitaires permettant de promettre des augmentations de 20 à 30% sur diverses cultures telles les tomates, pommes de terre ou autres.

Cette découverte technique laissait entrevoir de multiples avantages à la culture du lupin :

·         Mise en valeur des sols acides

·         Coût de revient peu élevé de la culture (peu d’engrais, résistance aux parasites)

·         Gros enrichissement du sol en azote.

·         Production de protéines en proportion égale et supérieure au soja.

·         Productions d’une huile d’excellente qualité

·         Obtention d’un fertilisant protecteur naturel et économique : le lupinex

Il est à noter qu’un brevet permettant de neutraliser les alcaloïdes du lupin amer et le rendant ainsi comestible aux animaux, avait déjà été déposé en 1930 par des Japonais. Racheté immédiatement par les Américains, il avait ensuite mystérieusement disparu … écartant ainsi le lupin du marché concurrentiel du soja.

Voyage d‘étude en Hongrie :


Suite à la hausse des prix du soja imposée par les Américains en 1983, un vent de panique s’installa chez les éleveurs français littéralement tenus en otage pour l’alimentation de leur bétail. Aussi Philippe Desbrosses organisa, avec une quarantaine de producteurs et la présence de FR3 un voyage en Hongrie, parcourant plus de 1 500 kms dans ce pays, royaume du lupin. Munie d’un siècle d’expériences sur les sols sableux acides et peu fertiles, la Hongrie était passée maître en la matière pour la culture du lupin. Néanmoins, le décollage rapide dans l’élevage du porc et de la volaille avait contraint le pays à importer du soja, son lupin de suffisant plus. C’est ainsi que ce pays cinq fois plus petit que la France, grâce à de nouvelles variétés et une volonté politique, mit en place un plan d’expansion du lupin sur 300 000 ha. Des modules d’exploitation par rotation de complémentarité lupin-pomme de terre-céréales, etc… a montré, à l’époque, à l’équipe française le bien fondé de la méthode pour les rendements obtenus. Par exemple, 80 quintaux à l’hectare avec un maïs n’ayant reçu que des quantités minimes d’engrais et de produits phytosanitaires. Par ailleurs les Hongrois montrèrent comment ils substituaient avec bonheur le lupin au soja dans les aliments du bétail dans une proportion allant de 25 à 60% des rations alimentaires.

Lupin contre soja : un blocus politique :


Lorsque l’on réalise que le lupin, non seulement peut diminuer nos importations de protéagineux, barrant la route au soja américain dans l’alimentation du bétail en particulier, compliquée par la nouvelle guerre des OGM, mais peut aussi diminuer notablement notre consommation agricole en engrais chimiques et en produits phytosanitaires, on comprend aisément les barrages mis en place depuis 20 ans face à cette opportunité. Les puissants lobbies internationaux au nom du libre-échange commercial interdisent … et tiennent nos politiques sous leur joug. Plus récemment, le créneau des biotechnologies voit d’un très mauvais œil « l’affaire lupin »< ; il y a 15 ans, l’Europe dépendait encore à 80% des marchés extérieurs pour ses réapprovisionnements en protéines. Aussi, un fonctionnaire de Bruxelles ironisait en déclarant : « l’autonomie de la France en soja est de 12 jours ».

Le lobby soja est suffisamment implanté à Bruxelles pour être en mesure de freiner, voire bloquer les dossiers protéines et décourager les utilisateurs du lupin. Anecdote : Ce même lobby avait fait circuler en 1984 une rumeur dans les campagnes laissant croire que 9 truies avaient péri empoisonnées par du lupin. Lorsque l’information a été démentie, elle avait déjà trouvé écho auprès de nombreux fermiers, et court encore.

L’exploitation des farines animales aura été un plan « foireux » pour essayer d’échapper à l’étau du soja. Contrairement à ce qu’on nous raconte, il existe de nombreuses ressources de protéines inexplorées, inexploitées, pour ne pas dire « torpillées ». C’est ainsi que la plupart des acteurs de l’aventure « lupin » commencée il y a 20 ans, ont été ruinés ou ont, tout simplement, disparu ; les unités de recherches et de productions ont, de leur côté été démantelées. Dans cette histoire, les paysans ont bien peu la parole, et ce n’est pas la première fois qu’une plante est promue ou délaissée en fonction d’intérêts politiques et commerciaux.

Un atout pour l’indépendance alimentaire :


Le lupin, médaille d’or olympique pour capter l’azote de l’air et le synthétiser dans le sol, représente un espoir sérieux pour les pays pauvres, permettant de valoriser des sols acides ou pratiquement rien ne pousse. Face aux apprentis sorciers des OGM qui promettent des solutions mirobolantes contre la faim dans le monde, alors qu’aux Indes, des paysans qui ont écouté le « chant des sirènes » sont ruinés, se suicident ou vendent un de leur rein pour faire subsister leur famille. C’est à ceux-là qu’ils faut demander ce que valent les cultures transgéniques. Les gagnants ne seront pas ceux que l’on croit. Actuellement le Chili et le Pérou utilisent le lupin sous forme de biscuits pour l’alimentation… Le lupin est largement utilisé aussi en Australie et nous l’avons vu en Hongrie.

Le lupin a reçu, depuis longtemps, son brevet de non toxicité. Lors du Congrès International du Lupin en 1984, il a été confirmé que la graine « désamérisée » pouvait se substituer à 100% au soja pour l’alimentation des ruminants, à 25% pour celle des volailles, et à 15% pour celle des porcs.

Hélas nous avons pris beaucoup de retard dans cette voie et il faudrait rapidement mettre en culture entre 500 000 et 1 million d’hectares en France pour rejoindre rapidement nos marges de sécurité alimentaire. Nous verrons si le vent de panique actuel donnera naissance à des initiatives intelligentes et courageuses.

Ouvrage de références techniques :
Le lupin : histoire et utilisation de l’une des légumineuses les plus riches du monde en protéines Auteur : Beltecky – Kovacs – Desbrosses Prix 20 euros franco de port Contact : info@Intelligenceverte.org